Jean-Claude Lemoult raconte Montpellier, Loulou Nicollin, la bagarre avec Éric Cantona et le quart de finale contre Manchester United : la 2e partie de l'entretien avec le champion olympique 1984 et légende du PSG.

1986, le médecin de l'Olympique de Marseille est formel : « Il ne rejouera plus jamais au football. » Jean-Claude Lemoult a 30 ans, une cheville sans cartilage, et un transfert à l'OM qui vient de capoter sur ce verdict. La suite ? Cinq des plus belles années de sa carrière — et il faudra attendre une victoire de Montpellier à Marseille pour qu'il obtienne de Bernard Tapie, hilare, le droit d'entrer dans le vestiaire adverse et de dire deux mots au médecin en question.

Dans cette deuxième partie, Jean-Claude Lemoult raconte sans détour son Montpellier : le choc de la D2 quand on sort de dix ans au Parc des Princes, les vestiaires-wagons, puis la montée immédiate, la 3e place en D1, et un vestiaire de folie où cohabitent un jeune Laurent Blanc, Carlos Valderrama — « le seul de notre époque qui serait le roi du Parc aujourd'hui » — et bientôt Roger Milla.

Il révèle le contrat le plus fou de l'histoire du football français : signé en D2, blessé, avec des primes d'un million en cas de qualification européenne et de deux millions en cas de victoire. « Il est fou », lâche Nicollin. Il paiera. On y croise aussi un marabout avant Benfica, une mystérieuse caisse de matériel hi-fi avant le PSV Eindhoven, et un Loulou Nicollin plus vrai que nature — génial, colérique, fidèle, capable de le suspendre après la bagarre avec Cantona... puis de le reprendre 21 ans dans son groupe.

Car oui, il y a Cantona : la vraie histoire de la bagarre dans le vestiaire de Lille, la chaussure brandie, la réconciliation — et l'Éric fidèle en amitié qui le fera venir à Nîmes. Il y a Old Trafford 1991, le 1-1 héroïque, et la bourde de Barrabé au retour qui prive Montpellier d'une demi-finale européenne. Il y a Aimé Jacquet, licencié avant de devenir champion du monde. Et il y a son combat le plus intime : la Légion d'honneur pour les champions olympiques de 1984 — avec une révélation qui dit tout de l'homme.

Questions mitraillettes, Fort Boyard, le match qu'il rejouerait s'il le pouvait : un témoignage brut, drôle et émouvant sur le football français des années 80-90, par un homme qui jouait en boitant et ne perdait jamais.