Avant que Platini ne devienne Platini, il avait tenu à rencontrer Farès Bousdira pour jauger celui qui pouvait menacer sa place de numéro 10…
Premier joueur d’origine algérienne appelé chez les Bleus depuis l’indépendance, neveu de Ferhat Abbas et meneur élégant auquel il n’aura manqué, selon lui, qu’une chose — la vitesse —, Farès Bousdira raconte son parcours avec une franchise désarmante. À commencer par ce soir où Michel Platini, alors âgé de 18 ans, l’attend à l’hôtel pour discuter pendant une heure et demie de football, d’avenir… et peut-être mesurer le danger : « Il s’est vite rendu compte qu’il n’avait pas besoin d’avoir peur. »
Dans ce premier épisode, Farès revit également l’une des nuits les plus folles de Bollaert : le légendaire Lens–Lazio de 1977. Moqués à Rome par 2 000 supporters venus leur promettre une correction, les Lensois renversent tout au retour. Farès contrôle de la poitrine, frappe du gauche et participe à un historique 6-0 après prolongation.
Il raconte aussi le racisme sur les terrains et les réponses parfois brutales qu’il lui a apportées, son visage fracassé dans un terrible accident, le voyage derrière le rideau de fer à Magdebourg — où, jure-t-il, les joueurs ne carburaient pas seulement au jus de citron — et livre quelques vérités bien senties sur ses contemporains : Platini l’intouchable, Guillou le compagnon de discussions littéraires, et plusieurs grandes figures comme Domenech qu’il n’épargne pas.
Insouciant, drôle et cash : une heure d’histoires de vestiaire et de football comme plus personne n’en raconte.