Quand Alain Couriol raconte, il ne brode pas. Il balance!
Dans cette deuxième partie d'entretien, l'ancien attaquant de Monaco et du PSG revient sur la Coupe du Monde 82 et livre sa vision tranchante du France-Allemagne de Séville : pas de complot, pas de destin contraire — juste une équipe trop naïve, sans guerriers sur le banc. « Il aurait fallu péter une jambe à un Allemand. » Rummenigge qui rentre, qui touche son premier ballon, qui marque : Couriol, en tribunes le jour du match avec François Remetter, fulmine encore, quarante ans plus tard.
Mais Séville n'est qu'un hors-d'œuvre. Couriol raconte le jour où il entre dans un vestiaire du Parc avant un match de coupe d'Europe et découvre une table de massage, un médecin, et des seringues alignées. « C'est du sucre », lui dit-on. À ses côtés, trois coéquipiers cautionnent. Il refuse, les regarde dans les yeux, et comprend soudain pas mal de choses.
Il y a aussi Gérard Houllier qui l'accuse de venir espionner pour son ami Jean-Marc Pilorget. Il y a Pierre Bianconi qui retourne le bureau de l'entraîneur avant de disparaître un jour à Bastia, laissant sa voiture sur le port. Il y a le cheikh du Koweït sur la pelouse, les flics à la mitraillette sur le ventre, et ce but en petite finale contre la Pologne — « ma Coupe du Monde à moi ». Il y a le respect immense pour Michel Platini, Marius Trésor et les monuments qu'il n'ose pas chambrer. La classe et l'intelligence d'un Rolland Courbis. La résilience après deux grosses opérations. Les larmes dans le vestiaire. La franchise. L'humour. Et une destinée exceptionnelle.
Franc, drôle, souvent cash, Couriol ne ménage personne. Surtout pas lui-même.