À Reims dans les années 60, on s'entraîne au parc Pommery — un terrain public partagé avec les promeneurs et les chevaux du club d'équitation d'à côté. Le terrain est pourri, on dribble « avec le menton ». Un seul vestiaire pour tout le monde. Et dans ce vestiaire, certains allument leur clope avant de rentrer sur le terrain!
« Le foot professionnel n'avait de professionnel que le nom », résume Jean-François Jodar, 421 matchs en D1, six sélections dont un but à Varsovie. De Reims à Strasbourg en passant par Lyon, il raconte un foot français disparu — celui où l'on croisait Bianchi à 18 ans, où l'on prenait un coup de coude de Marius Trésor en finale de Coupe, où Kopa, pourtant retraité rechaussait les crampons le temps d'un match pour suppléer un blessé, et où un jeune Arsène Wenger observait en silence depuis le banc des réserves.
Dans cet épisode, Jodar raconte tout : la rigueur de Gilbert Gress, l'humanité d'Aimé Jacquet, la dureté de Roger Lemerre, les arrières latéraux qui marquent autant que les avants-centres, et un certain Raymond Domenech que, selon Jodar, les réseaux sociaux ont oublié de juger pour ce qu'il était vraiment — un footballeur « excellent » qui avait tout compris à la communication, bien avant les autres.
Un épisode drôle, tendre et passionnant avec un fin technicien qui pose un regard réaliste, sans concession mais plein d'humour sur le foot français de la fin des années 60.