Furiani, 1er mars 1978. Douze mille personnes, une soirée fraîche, et en face le Carl Zeiss Iéna, une équipe d'Allemagne de l'Est dont, en pleine guerre froide, on ne savait à peu près rien sinon qu'elle sortait d'un championnat réputé impitoyable.
Dans les buts bastiais, ce soir-là, un garçon de vingt-deux ans arrivé de Bretagne trois mois plus tôt. Pierrick Hiard avait quitté le Stade Rennais en larmes, son transfert servant à payer les salaires d'un club au bord du gouffre, et débarqué seul en Corse après une nuit passée debout dans le couloir d'un train bondé. Le temps de poser ses valises, et le voilà lancé dans le grand bain : un quart de finale de Coupe d'Europe, le premier match européen de sa carrière, avec toute une île derrière lui.
Le reste appartient à la légende de Furiani. Larios ouvre le score dès la 4e minute, Papi double la mise juste avant la pause, Mariot creuse l'écart à la 57e. Raab relance les siens à la 61e et le match se tend un peu. C'est là que Pierre Cahuzac dégaine : à la 68e, il sort Krimau et Mariot pour lancer Félix et De Zerbi. Deux minutes plus tard, Félix marque sur un corner tiré par DZ. Huit minutes après, il remet ça. Cazes puis Franceschetti achèvent le travail. 7-2. Le flair d'un entraîneur qui, ce soir-là, a gagné son match depuis le banc de touche.
Septième victoire consécutive du Sporting dans la compétition, un record que personne, en France, n'avait approché. Au coup de sifflet final, Bastia a un pied et quatre orteils en demi-finale.
Pierrick Hiard raconte ce match, et l'épopée bastiaise en Coupe d'Europe, sur le PDL ici : 👉 lnk.to/Hiard2